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Snake boy

Snake boy

Snake boy
Auteurs : HIAASEN Carl
Trad. de l' anglais par Valérie Dayre.
Paris : Ed. Thierry Magnier, 2019
349p.

ISBN : 979-10-352-0248-4
16.90 € TTC

Désigné livre du mois dans la revue Juillet 2019

Mise en ligne le 01/07/2019
Billy a une adolescence pas ordinaire. Difficile de se faire des copains quand on déménage sans cesse ; sa soeur et lui s’y sont faits : leur mère, passionnée d’aigles, fait courir la Floride à ses enfants pour vivre près de ses oiseaux préférés. Le père est parti quelque part dans le Montana. Quant à lui, alias Snake boy, il adore les serpents et se sert de la frousse qu’ils inspirent pour régler les conflits de cour d’école. Cet été, il va rencontrer son père, découvrir sa vie, une autre famille... L’aventure !
L’aventure, en effet. Celle d’un monde où les animaux ne sont pas en peluche et où les chasseurs ne sont pas des anges. Du côté des méchants, un braconnier pervers se divertit en tuant les animaux sauvages en voie de disparition. En face de lui, un justicier solitaire, le père de Billy, défenseur de la cause animale, drone à l’appui, fait fuir grizzlis, panthères et autres, avant le coup de fusil fatal. De quoi faire battre les coeurs et multiplier les épisodes : une chasse à double détente, à triple détente même, puisque Billy suit son père à la trace, craignant à juste titre pour sa vie. Le jeune héros n’est pas seul dans cette traque : la fille de la compagne indienne de son père, adolescente comme lui, l’accompagne sur ce territoire qu’elle connaît bien. L’amitié fait équipe avec l’énergie et l’audace nécessaires pour affronter la peur et le danger.
Le récit est entrecoupé de moments d’information sur l’espèce menacée, son mode de vie, l’influence néfaste des hommes sur le monde sauvage, etc. Ces intermèdes documentaires, habilement intégrés, ne pèsent pas sur le cheminement romanesque du texte ; ce sont comme des pauses dans le rythme de l’histoire qu’ils enrichissent, mine de rien. Peu importe que l’une préfère les aigles, l’autre les serpents, un autre les ours, ces passionnés des bêtes nous les font aimer, respecter, sans mièvrerie sentimentale, sans angélisme. 
Ce roman enfin est un hymne à la liberté : on respire dans ces grands espaces entre forêt et rivière ; la nature n’a pas été rongée par la ville ni assagie par l’agriculture. Le monde sauvage est toujours tout près avec ses rythmes propres. Le romancier joue sur l’opposition entre la Floride et le Montana, l’une faisant valoir l’autre sur le terrain de la diversité des paysages. L’amour de la nature irrigue le roman sans alarmisme excessif. Avec des esprits libres, Il y a toujours place pour la liberté ! Or les héros de l’histoire le sont tous : aucun n’impose à l’autre, même si c’est douloureux, des chaînes contraires à son « besoin d’air ». En ce sens, ce roman est un voyage initiatique. (C.B, A.E, R.F.)